#1 : De la résistance à la contribution

07/06/2017

Je crois que le déclic a eu lieu cet après-midi.

Je vous parlais lundi de mes freins à me lancer dans de la rédaction d’articles sur ce blog...

 

 

Tout a basculé cet après-midi.

Parce que je suis une entêtée, que je n’apprends jamais aussi bien que dans la douleur (formatage de société masochiste, bonsoir !), alors il a fallu cet après-midi.

 

Je sortais de mon 1er vaccin anti-rabbique, après quelques discours sympathiques sur le prix des soins contre la rage à l’étranger et les symptômes de la typhoïde, quand j’ai aperçu le bus qui devait me ramener chez moi. Je ne cours plus après les bus depuis des années. Mais là, j’ai courru. Pourtant, je n’étais pas pressée et j’ai clairement entendu cette voix au fond de moi me dire “ne cours pas, pourquoi tu fais ça ?!”.

Le feu allait passé au rouge.

J’avais les yeux rivés sur mon bus qui se stationnait.

Et vlan !
La cheville est restée sur place et je me suis étalée par terre au milieu de la route.

 

Récit exhaustif mais c’est pour vous mettre dans l’ambiance.

(NB. je vous rassure, rien de cassé, mais ça fait mal)

 

*****

 

Tout a basculé cet après-midi.
Il a fallu cette mauvaise chute pour que je sois contrainte de rester sur le canapé à ne rien faire, jonglant entre le sac de glaçons et l’huile d’arnica. Il a fallu cet après-midi pour que je m’interroge et questionne mes mentors : “C’est quoi déjà la symbolique de la perte d’équilibre déjà ?”, à quoi j’y ai ajouté la lecture du Grand Dictionnaire des Malaises et des Maladies*, qui, en grande adepte de la somatisation poussée à l’extrême, m’est souvent bien utile pour avancer et bosser sur moi en cas de manifestations physiques. Pour le plaisir, extrait choisi :

 

 

L’expérience de la résistance.

Le travail du mental, qui a guidé ma vie des années durant, qui voit son règne s’amenuiser.

Lâcher prise, totalement. Se faire confiance, pour de vrai.

Poouuaaa ! Paye ta mission !
 

“C’est marrant, elle a passé 5 ans à monter un truc, et elle arrête. Elle se barre au moment où ça commence à marcher, elle passe la main et part faire autre chose”.

Cette pensée me tue.

Mais heureusement, le jour où on me l’a dit, elle a été tout de suite suivi de “je trouve ça enthousiasmant”, “tu t’écoutes, c’est plutôt une bonne nouvelle”, “tes angoisses sont à la mesure des états de grâce qui t’attendent”.

Oh que oui je les sens venir ces états de grâce ! Et je fais ce qui est de mon possible pour leur laisser le champ libre, sans attente. Juste une disponibilité à l’extase (Ca claque comme formule ça, non ?! ahah !).

Bref, merci pour ces mots.

 

Et ces mots, je vous les transmets.

 

Il a fallu cet après-midi pour que je me décide.

Que je me décide à accepter que oui ce qui me fait vibrer, ce qui me donne envie, c’est de contribuer, que dis-je, même pas ! de rendre. Voilà, rendre. Comme une patate chaude, dès qu’un message m’est transmis, dès qu’un apprentissage se fait, je veux pouvoir le transmettre et qu’ils se répandent comme une traînée de poudre. Je n’en ai plus besoin. Vite ! Vite ! J’ai pris ma part, qu’il passe au voisin !

C’est comme ces messages sur la féminité, la confiance en soi qu’on m’a transmis, que j’ai transmis en atelier, que les filles ont ensuite transmis à leur tour à leurs amies, leurs collègues… et dont j’ai eu le plaisir de voir les résultats.


Alors, tant pis.
J’assume mon orgueil et mon arrogance, si cela en est, de vouloir contribuer à mon petit niveau. Est-ce que j’ai envie qu’on me suive ? Est-ce que je cours après les likes pour me rassurer sur le sens de mon existence ? Les likes, moins que le nombre de vues d’ailleurs, me rassurent surtout sur mon utilité. Je me dis “ah, il y a 100, 200, 300 personnes qui ont entendu ça” et dans le lot, il y’en a peut-être quelques uns/unes que ça fera bouger comme ça m’a fait bouger. Alors c’est cool. Et ça vaut le coup.

 

Alors, il aura fallu cet après-midi.

Il aura fallu que je comprenne douloureusement qu’il faut que j’accepte et que j’accueille ce qui est, c’est-à-dire pour moi que non, je n’ai pas l’intention d’attendre d’être reconnue, sage et célèbre pour retransmettre ce qu’on m’a appris/ce que j’ai appris. Accepter que non, je n’ai pas de pudeur sur ces choses là.

Certains TED m’ont bouleversée, certains/es bloggeurs/euses m’ont insufflé l’envie d’autre chose, certains contacts facebook, quasi inconnus, m’ont donné envie de me ré-intéresser à l’actualité et à la politique et je les en remercie. Et si gens là avaient eu de la pudeur ? Si ces gens là étaient restés coincés dans leurs craintes d’être jugés, de ne pas être assez ceci ou cela pour prendre la parole ?

 

Je souhaite à tout le monde l’immense honneur que j’ai eu, et ai encore, de croiser des gens exceptionnels et inspirants, des gens merveilleux qui juste par le pouvoir des mots vous sortent la tête de l’eau, raniment les étoiles dans vos yeux, remettent en mouvement vos rêves et vos envies. Des gens qui, juste par leur exemple, vous donnent envie d’être meilleur, vous invitent à réfléchir sur vous-même et sont toujours prêts à vous attirer vers la marche d’au-dessus, si tant est que vous ayez un peu le goût du challenge.

Je n’ai pas la prétention d’être ces gens-là… et après tout pourquoi pas ?

On pourrait tous devenir le mentor de quelqu’un, non ?!

 

Alors oui, je pars à la découverte des médecines naturelles et alternatives pour offrir un nouveau discours, oui je pars pour enrichir mon bagage d’accompagnante/coach-de-vie de nouvelles pratiques… mais je pars aussi dans une aventure perso dont j’ai envie de témoigner.

Contaminer comme on m’a contaminée.

Parce qu’après tout,

le bonheur et la liberté sont peut-être les plus effrayantes et les plus belles maladies du monde.  

 

 

"Aujourd'hui, être heureux est un acte de résistance."

- Edgard Morin, place de la République, 27 septembre 2015**

 

 

 

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* Le Grand Dictionnaire des Malaises et des Maladies, Jacques Martel, ed. Quintessence

** Crédit photo : Hamilton / Rea pour la Tribune

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